Atlanspace, un drone intelligent marocain pour combattre la pêche illégale

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La start-up est en négociations avancées avec ses premiers clients en Afrique de l’Est. Elle cible les gouvernements et les ONG. Le prix du drone est compétitif par rapport aux dispositifs classiques.

Utiliser des drones intelligents pour mieux lutter contre la pêche illégale en Afrique. Telle est l’idée qui a convaincu deux ingénieurs marocains de quitter le salariat pour se lancer dans l’entrepreneuriat. Le nouveau né s’appelle Atlanspace, un drone fabriqué à l’étranger dont le module d’intelligence artificielle (AI) est développé au Maroc. Appréciée par plusieurs ONG mondiales de protection de l’environnement depuis sa présentation à la COP22, la solution se cherche ses premiers preneurs en Afrique.

Ses clients potentiels sont essentiellement les gouvernements (départements de la pêche ou gardes-côtes) et accessoirement les ONG actives dans la lutte contre des crimes environnementaux. «Nous sommes en négociations avancées avec deux pays de l’Afrique de l’Est et nous entamons nos premières discussions avec deux pays de l’Afrique de l’Ouest. Des ONG sont également intéressés par Atlanspace et nous font profiter de leur lobbying, car convaincus de son efficacité. Au Maroc, nous attendons la réponse à un courrier adressé au ministère de tutelle», confie Badr Idriss, CEO d’Atlanspace. Avant de démarrer la commercialisation, la start-up a procédé à plusieurs tests préliminaires (mécaniques, virtuels) et tests physiques de son prototype avant d’importer ses premiers drones. Les résultats ont été probants. «Nous avons réalisé les tests physiques au Sud de la France car les autorisations ont un peu tardé à venir», soutient le co-fondateur d’Atlanspace.

La start-up dispose de cinq brevets en intelligence et aéronautique

«L’aventure a commencé il y a 2 ans après une discussion autour de l’héritage que nous allons léguer aux prochaines générations. Et le constat est comme on peut l’imaginer très alarmant. Nous avons alors décidé d’agir en développant une solution de surveillance de très larges zones géographiques destinée au pays émergents», soutient notre interlocuteur. Pour coller à la réalité africaine, les deux associés veulent dans un premier temps dédier leur solution à l’espace maritime où la pêche illégale fait perdre plusieurs points de PIB aux économies africaines. «La valeur ajoutée et la nouveauté de notre projet, c’est que notre module d’intelligence artificielle permet au drone de fonctionner sans pilote et sans moyens de transmissions, d’élargir la portée de 80 à 800 km», poursuit-il. En clair, Atlanspace permet à un seul agent de gérer toute une flotte de véhicules sans qu’il ait besoin d’intervenir dans le pilotage, de rester connecté en streaming, de définir le plan de vol ou de prendre des décisions relatives aux opérations ordinaires de missions.

Si le développement des premiers prototypes n’a pas mobilisé un gros investissement financier à en croire Badr Idrissi, «c’est en investissant temps et matière grise» que les deux associés ont donné vie à Atlanspace. Tous les deux lauréats de l’École nationale des sciences appliquées d’Oujda (ENSA), ils ont su profité de leurs profils complémentaires (informaticien et ingénieur télécoms) et de leurs expériences professionnelles. En effet, le recours à l’intelligence artificielle n’aurait pas été possible sans l’expertise de son associé Younes Moumen, qui s’est déjà familiarisé avec cette technologie dans le secteur des jeux vidéos.

Autre point fort de la start-up : ses partenariats avec le monde de la recherche. «Nous avons signé deux partenariats de recherche avec l’Université Mohammed 1er d’Oujda et l’Université internationale de Rabat. Ainsi, trois chercheurs travaillent avec nous», confie Badr Idriss. A ce jour, la start-up dispose de cinq brevets dont trois dans la composante intelligence et deux autres sur la partie aéronautique.

Le drone cumule les récompenses internationales

S’agissant du prix, Badr Idrissi relève «qu’il est très compétitif par rapport à un drone classique, en prenant en considération l’élimination des coûts liés à la formation des pilotes et des moyens de transmission qu’a rendu possible le recours à l’IA»«Au Maroc, l’approche pour combattre la pêche illégale consiste à utiliser des solutions de ‘‘Vessels Monitoring Systems’’ qui se base sur l’installation d’équipements de transmission de la position GPS. Elle ne prend pas en considération les navires qui n’ont pas installé ces équipements de transmission ou qui les ont sabotés», tranche-t-il.

Il convient de dire que le projet séduit car depuis sa concrétisation à la veille de la COP22, la start-up cumule les prix et les subventions à l’international. La dernière consécration en date était le Prix de de l’innovation de l’African entrepreneurship award (AEA) dont la cérémonie de clôture a été organisée, lundi 11 décembre, par BMCE Bank of Africa. Bien avant, la start-up a bénéficié du soutien de plusieurs programmes d’accompagnement internationaux dont le fameux Bizpark de Microsoft qui a injecté 120 000 dollars dans le projet.

Avec La Vie Eco

Thierry Barbaut - Afrique et nouvelles technologies
Thierry Barbaut - Afrique et nouvelles technologies
Directeur stratégie numérique - 15 années d'expérience terrain en pilotage de projets nouvelles technologies et consultant Afrique. Rédacteur en chef du média info-afrique.com et président du média ERA - Energies Renouvelables Afrique - Responsable de la stratégie numérique de l'Agence des Micro Projets (ONG La Guilde).

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